Anxiété liée au perfectionnisme et syndrome de l'imposteur (Psychomédia, 12/04/2019)

"Le syndrome de l'imposteur pourrait expliquer en grande partie le lien entre perfectionnisme et détresse psychologique, selon une étude publiée dans la revue Personality and Individual Differences."


"Le syndrome de l'imposteur est un sentiment d'incompétence malgré des preuves de compétence. Une personne croit qu'elle ne mérite pas son succès ou son statut et elle craint que cette incompétence perçue soit exposée au grand jour. « Tout comme le perfectionnisme inadapté, le syndrome de l'imposteur peut augmenter l'anxiété, l'humeur dépressive et d'autres troubles psychologiques », soulignent les chercheurs.

L'analyse a confirmé l'hypothèse selon laquelle le syndrome de l'imposteur est un médiateur entre le perfectionnisme et l'anxiété. « Une personne qui souffre d'un perfectionnisme inadapté se concentre sur ce qu'elle n'a pas accompli et craint d'être exposée. Ces sentiments mènent au développement du syndrome de l'imposteur. Ce dernier, à son tour, cause une détresse psychologique, qu'il s'agisse d'anxiété, de stress ou de dépression. Le perfectionnisme adaptatif, par contre, ne mène pas au syndrome de l'imposteur et à ses conséquences psychologiques. "

8 facettes du perfectionnisme : 


Modèle, présenté par le psychologue américain Robert Hill et ses collègues dans le Journal of Personality Assessment (2004), 8 facettes distinctes au perfectionnisme :
  1. La crainte de faire des erreurs : tendance à ressentir une anxiété ou une détresse liées au aux erreurs ;
  2. Des normes élevées pour les autres : tendance à s'attendre que les autres agissent selon ses propres idéaux perfectionnistes ;
  3. Le besoin d'approbation : tendance à rechercher une validation de la part des autres et à être sensible aux critiques ;
  4. L'organisation : tendance à l'ordre et à la propreté ;
  5. La pression parentale : tendance à sentir le besoin de performer parfaitement pour obtenir l'approbation parentale ;
  6. La tendance à planifier : tendance à planifier d'avance et à réfléchir beaucoup pour prendre des décisions ;
  7. La rumination : tendance à s'inquiéter de façon obsessionnelle de ses erreurs passées, de ses performances moins que parfaites et d'erreurs futures ;
  8. La recherche d'excellence : tendance à avoir des normes élevées et à rechercher des résultats parfaits.

Tendance à retrouver certains regroupements chez une même personne. Deux grands types :
  • Un perfectionnisme caractérisé surtout par une tendance à être consciencieux : les personnes qui présentent ce type obtiennent des scores plus élevés pour les facettes organisation, planification, recherche de l'excellence et normes élevées pour les autres.
  • Un perfectionnisme caractérisé par la tendance à s'évaluer et à être critique envers soi-même : les personnes qui présentent ce type obtiennent des scores plus élevés pour les facettes crainte de faire des erreurs, besoin d'approbation, rumination et pression parentale.

->Lire aussi : sur ScienceDirect : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1155170417300228Le perfectionnisme dysfonctionnel est souvent rencontré parmi les populations cliniques. Selon les études récentes, il s'agit d'un facteur transdiagnostique dans la prédisposition et le maintien de diverses pathologies psychiatriques telles que les troubles anxieux, l'insomnie et la dépression. 


Le perfectionnisme : un facteur transdiagnostique dans la prédisposition et le maintien de diverses pathologies psychiatriques telles que les troubles anxieux, l'insomnie et la dépression.

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