"Si je vous adresse 9 compliments et un reproche, à quoi allez-vous penser demain ? Selon votre humeur ou votre personnalité, votre petite voix intérieure oscillera entre irritation, inquiétude, regrets, autocritique, parfois même, dévalorisation de soi. Elle vous délivrera ses pensées toxiques avec application, en négligeant les compliments .... " (B.Anselem, ManagerSante.com)

Notre cerveau est câblé pour repérer les dangers, voir le négatif, en priorité. C'est normal, cela pose problème mais il y a des solutions. Un long article à lire et relire d'un médecin neuropsychologue, auteur et conférencier, sur Manager Santé.

"Cet état d’esprit négatif n’est pas anormal, il est explicable par les fonctions vitales du cerveau. L’explication dominante actuelle (confortée par d’innombrables observations biologiques, éthologiques et psychologiques) est liée à l’évolution animale et humaine : notre cerveau ancestral provient du monde animal, son but n’est pas d’être heureux mais de survivre et se reproduire."
"Applications pratiques : 1) Déculpabilisation : être tracassé par des préoccupations diverses est la règle et non pas l’exception. Ce biais de préférence pour le négatif nous concerne tous, nous ne sommes ni «anormaux » ni « nuls ». Connaitre cette tendance permet un effet positif : dédramatiser, déculpabiliser toutes ces pensées nocives.
2) Acceptation : avant de chercher à combattre ces sombres pensées, il convient de les accepter, puisqu’elles sont naturelles et inévitables. Cette étape permet d’aborder plus sereinement la suite : la remise en cause par notre réflexion, des inquiétudes, agacements, regrets et ressentiments divers.
3) Prise de distance : nous savons que ces discours intérieurs sont dictés par un biais de raisonnement, le plus souvent inadapté à notre vie moderne. Cette connaissance nous aide à les remettre en cause et à les remplacer par des pensées plus favorables à notre moral.
4) Estime de soi : cette petite voix critique incessante va malmener notre estime de soi. Nous sous-estimons sa toxicité. La répétition de ces pensées négatives va favoriser leur reproduction (effet de cercle vicieux lié à la plasticité cérébrale, voire l’article notion n° 1) Connaitre ces mécanismes permet de limiter les nuisances de ces raisonnements, favorise l’autocompassion et l’acceptation de soi. L’effet d’apaisement est majeur.
5) Il ne faut pas tout jeter : ces mécanismes se sont mis en place pour notre survie, ils peuvent parfois nous conseiller judicieusement. Comment faire la différence ? Les réflexions qui nous guident vers une solution active, tournée vers l’avenir et respectueuse de soi et des autres, sont utiles. Celles qui nous enferment dans des reproches, regrets ou ressentiments envers soi ou son entourage, sont toxiques."
"Les origines de ces errements :Notre cerveau fonctionne par comparaisons, prévisions et associations d’idées, il passe son temps à échafauder des scénarios, à remémorer et décortiquer des épisodes passés, c’est une fonction indispensable pour anticiper les difficultés et aider la prise de décision. Une partie du cerveau s’active quand l’attention n’est plus concentrée sur une tâche présente – le réseau par défaut-. Il est tourné vers notre monde intérieur et ouvre la porte aux errements et ruminations. Nous devons donc apprendre à débrancher ce pilote automatique, à passer du mode « penser » au mode « ressentir ». Ce n’est pas évident car cet automatisme fait partie de nos habitudes. Il faut donc faire un effort pour en sortir.
Dans ce but notre conscience utilise d’autres réseaux qui hiérarchisent l’importance des éléments à traiter – le réseau de saillance – et dirigent nos pensées selon un but que nous avons choisi – les fonctions exécutives -. Ces fonctions nous donnent la liberté de choisir nos pensées selon notre volonté, elles nécessitent cependant un effort. La maîtrise de l’attention est un art accessible à tous, sous réserve de motivation et d’entrainement."
"Quel enseignement retirer de ces découvertes ?
  • Une pratique de 30 minutes par jour pendant 8 semaines est suffisante pour modifier durablement nos capacités attentionnelles, notre régulation émotionnelle et notre rapport aux événements désagréables. Elle modifie la structure et le fonctionnement cérébral
  • Apprendre le contrôle volontaire de son attention, en la ramenant encore et toujours dans le présent est un véritable exercice, au même titre qu’un entrainement physique.
  • La pleine conscience nous entraîne à garder un cap en concentrant l’esprit sur un objectif (focalisation) tout en nous ouvrant sereinement à tout ce qui se présente, aux expériences extérieures comme à nos états intérieurs (vision élargie).
  • En développant notre capacité à être « conscient » de nos ressentis et pensées nous cultivons notre liberté de choix, celle de laisser filer un ressenti désagréable et de résister à nos ruminations."

 « Comme un océan, la vie comporte des vagues, parfois hautes parfois modestes. Nombreux sont les gens qui pensent que le but de la méditation est de les aplanir pour vivre dans des eaux calmes, mais ce n’est pas en son pouvoir. Vous ne pouvez pas arrêter les vagues, mais vous pouvez apprendre à les surfer » J. Kabat-Zinn
 
https://managersante.com/2019/02/18/pourquoi-notre-petite-voix-interieure-nous-casse-elle-les-pieds-reponse-du-dr-bernard-anselem/?fbclid=IwAR21QK5uKAh6N65U-5tSoaxbh56VOITYKzP_3E07pQzMTTx2GYzMIGnwyZg

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