Accueillir nos émotions et pensées négatives comme accueillir une vieille tante grincheuse à noël (S.Hayes, Thérapie ACT)



La famille et plutôt les repas, réunions ou fêtes de de famille sont souvent utilisées comme métaphores pour décrire les pensées, émotions et sentiments désagréables qui nous assaillent même en dehors de toute réunion de famille. En effet, le parallèle est souvent fait entre nos émotions et pensées négatives que l’on doit "accepter", au sens d’accueillir avec bienveillance, comme l’on doit accepter une vieille tante grincheuse à la table de noël.

Voilà ce qu’en dit texto l’un des fondateurs de la thérapie ACT (thérapie de l’acceptation et de l'engagement) :

"Pensez plutôt à la bienveillance comme au fait d’accueillir un hôte. Imaginez que vous avez invité toute votre famille chez vous pour une fête. Des dizaines de cousins et parents arrivent chez vous, et tout le monde s’amuse, y compris vous. Vous vous félicitez de cette initiative. Mais soudain, une voiture se gare devant chez vous, et votre estomac se noue : c’est Monique, votre vieille tante excentrique et bougonne, celle qui oublie souvent de se laver, qui n’a jamais un mot gentil pour personne, qui mange comme quatre et ignore le mot « merci ». Mais vous avez bien dit « Toute la famille est la bienvenue », non ? Et puis, si vous lui claquez la porte au nez, elle insistera et tentera d’entrer en force malgré vos cris. Votre fête sera gâchée, d’une part parce que vous ne pourrez plus vous occuper des autres invités, d’autre part parce que ceux-ci seront affectés par votre comportement. Alors est-il possible de vraiment accueillir la tante Monique, même si vous n’avez pas réellement envie de la voir ? Accueillir n’est pas la même chose que vouloir. Vous pouvez donc saluer la tante Monique, la faire entrer et lui demander de ses nouvelles. L’important n’est pas que vous souhaitiez sa présence ou non ; l’important, c’est de la considérer avec bienveillance, en lui offrant à boire et en acceptant sa présence. Vous pourrez retourner vous mêler aux autres invités, et elle aussi. Voilà exactement ce que nous nommons « bienveillance ». C’est ce qu’exprime le poète persan Djalal Al-Din Roumi par ces vers : « Une joie, une tristesse, une rancœur/ou une prise de conscience momentanée/surviennent tel un visiteur inattendu/Accueille et reçois-les tous. » Il s’agit bien sûr d’une métaphore sur tous les sentiments et les pensées désagréables qui se présentent à nous – toutes les « tata Monique » qui frappent à notre porte. Si nous attendons leur départ pour commencer la fête, celle-ci ne débutera jamais. Le problème est bien votre attitude envers votre propre expérience. La bienveillance n’est pas conditionnelle Il y a des façons efficaces et inefficaces de limiter la bienveillance. Soyons très clairs, au départ, sur les solutions inefficaces. Apprendre à se montrer bienveillant revient à apprendre à sauter dans le vide, au moment où vous confiez votre corps à la gravité. Peu importe la hauteur depuis laquelle vous sautez, peu importe que vous partiez d’une chaise ou d’un avion en vol. Si la situation diffère, l’action est toujours la même. Même en sautant du haut d’une marche d’escalier, vous apprenez à sauter de la même façon que vous pourrez sauter d'une chaise, d'un toit ou d'un avion....etc".
Hayes, Steven C.. Penser moins pour être heureux (Comprendre & Agir) (French Edition) (p. 175). Eyrolles.


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