Dans la série "surmonter les épreuves" Le Monde publie un article écrit par une philosophe : "La maladie chronique révèle les liens affectifs qui nous tiennent en vie" (Le Monde, 19.08.2018)


Dans sa série « Surmonter les épreuves », Le Monde publie cet article d'une philosophe sur la maladie chronique :
" Parler aujourd’hui de la maladie comme d’une épreuve, se demander comment nous la surmontons et ce qu’elle nous apprend, requiert de se tourner vers les maladies chroniques. Les maladies chroniques dessinent des vies particulières dont la difficulté et les trajectoires appellent un nouveau regard, tant social que médical. Alors que 20 millions de personnes en France sont concernées, celles-ci sont encore trop peu visibles, par exemple, dans les médias et les arts.La maladie chronique est l’expérience même de la contradiction, l’expérience du conflit entre une tendance au chaos et à l’usure, et la résistance et l’inventivité d’un malade qui cherche à y nicher une vie supportable et à y insuffler espoir et liberté.
La médecine commence seulement à se concevoir autant comme une lutte que comme un soin de la personne malade chronique, un soutien dans son travail de construction de « la vie avec la maladie ». Précisément, cette expression ainsi que celle d’empowerment , qui désigne l’autonomisation et la reprise de pouvoir du malade sur sa pathologie, sont devenues familières dans la médecine de la chronicité. Elles disent qu’il est nécessaire mais aussi possible de faire de la maladie chronique une partie – et non le tout – de sa vie. Toutes les formes de soins (médical dans ses dimensions somatique et psychique, mais aussi amoureux, amical, social, à travers le travail ou l’art) visent à contrer la tendance de la maladie à déposséder le malade de sa propre vie, à le déloger de ses habitudes, de ses projets, de ses désirs, mais aussi à l’exclure de la vie des autres avec ses rythmes, ses exigences et ses plaisirs.
L’épreuve d’une double vie imposée.
LE MALADE CHRONIQUE PEUT AVOIR LE SENTIMENT « D’EXISTER À VIF » CAR IL OSCILLE ENTRE LES PLUS GRANDES PEINES ET LES PLUS GRANDES JOIES
DANS LA QUÊTE D’UNE VIE QUI INTÈGRE LA CHRONICITÉ, MALADIE ET SANTÉ ELLES AUSSI S’ENTRELACENT. LA MALADIE CHRONIQUE EST L’EXPÉRIENCE DE LA DUALITÉ DE LA VIE ELLE-MÊME
LE MALADE DOIT AGIR ET LAISSER FAIRE, S’AJUSTER AUX ALÉAS DE LA MALADIE ET RENONCER À LES CONTRÔLER. IL LUI FAUT TRAVAILLER À LÂCHER PRISE"


Chaîne penseurs et acteurs de soin
8 mn
2015

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