Handicap psychique VS handicap mental (et vidéo du psycom sur l'importance de l'accompagnement dans le handicap psychique -2018)


Qu'est-ce le handicap psychique ?

1 Définition 
Il peut être défini comme les conséquences sociales (c’est-à-dire les limitations d’activités et les restrictions de participation sociale) liées à un trouble psychique invalidant. Les personnes présentant un handicap psychique vivent avec une maladie mentale (schizophrénies, troubles bipolaires, dépressions sévères, etc.), qui peut modifier leur comportement, leur perception, leur jugement et leur relation avec le monde.
Par exemple, les personnes peuvent manifester :
*des réactions inadaptées au contexte (foule, file d’attente, pièces fermées, bruit intense, etc.),
*un stress intense non maîtrisé,
*un raisonnement très rigide,
*des gestes incontrôlés,
*une difficulté à communiquer,
*un repli sur soi,
*un état dépressif ou des dérèglements alimentaires.
La maladie psychique peut intervenir à tous les âges de la vie et atteindre les personnes sans distinction, de manière durable ou épisodique. Les troubles peuvent entraîner un véritable handicap au quotidien et occasionner des difficultés, notamment pour s’adapter à la vie en société. Les questions de santé psychique et mentale sont encore mal connues du grand public et les préjugés négatifs demeurent avec des conséquences douloureuses pour les personnes atteintes et leurs proches.

Repère juridique 

Le handicap psychique est reconnu juridiquement comme une catégorie du handicap en France en 2005, par l’intermédiaire de l’article 2 de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 qui énonce que « Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».

2 Les caractéristiques du handicap psychique
Le handicap psychique présente plusieurs spécificités :
• les troubles des personnes sont souvent variables, intermittents et évolutifs. Par ailleurs, les personnes peuvent avoir des compétences réelles pour certaines activités et des difficultés majeures dans d’autres ;
• elles ont besoin d’un suivi médical régulier ;
• les personnes n’ont pas de déficience intellectuelle, même si des troubles cognitifs sont souvent associés ;
• elles sont victimes de stigmatisation et de rejet ;
• l’isolement et la rupture du lien social sont fréquents ;
• la situation de vulnérabilité est permanente même lorsque les troubles sont stabilisés ;
• les personnes peuvent être dans l’incapacité de demander de l’aide ;
• le caractère invisible des troubles implique que les difficultés sont parfois sous-estimées ;
• l’acceptation des troubles est parfois difficile pour la personne et/ou son environnement ;
• les personnes présentent des difficultés plus ou moins prononcées dans les interactions sociales. »
Une autre spécificité concerne les difficultés dans la vie quotidienne et courante en particulier pour faire des achats, préparer un repas équilibré, gérer ses dépenses courantes, faire le ménage chez soi, se laver, remplir un dossier administratif, organiser une sortie ou participer à un évènement familial. Source : Handéo
http://www.handeo.fr/sites/default/files/field-files/OBS_Guide%20Hand%C3%A9o%20Mieux%20Comprendre%20le%20Handicap%20Psychique_2017.pdf
Définition de l'UNAFAM : http://www.unafam.org/-Le-handicap-psychique-.html

Les différentes dimensions des déficiences psychiques
Troubles de la volition (impossibilité d’agir par incapacité à vouloir et décider, négativisme, ou au contraire incapacité à s’empêcher d’agir, compulsions obsessionnelles).
Troubles de la pensée (idées obsessionnelles, fuite ou incohérence des idées, lenteur ou appauvrissement de la pensée, délire).
Troubles de la perception (hallucinations, déréalisation).
Troubles de la communication et du langage, repli autistique.
Troubles du comportement (agitation, agressivité contre soi et contre les autres, rites obsessionnels, phobies).
Troubles de l’humeur (troubles dépressifs ou états maniaques, c’est-à-dire états d’excitation et d’agitation psychomotrice).
Troubles de la conscience et de la vigilance.
Troubles intellectuels (difficultés de conceptualisation et d’abstraction, troubles de la mémoire, de l’attention, du jugement, de l’orientation temporelle et spatiale).
Troubles de la vie émotionnelle et affective (anxiété, angoisse, indifférence, discordance ou instabilité affective, troubles du caractère).
Expressions somatiques (somatisations, plaintes, altérations de l’état général).
Source : Rapport Charzat (2002), Guide barème pour l’évaluation des déficiences et incapacités des personnes handicapées.

Différence entre le handicap psychique et handicap mental :
La différenciation entre handicap mental et handicap psychique, défendue depuis longtemps par les associations de patients en psychiatrie et de familles comme l’Unafam et l’Agapy, est reconnue en France depuis la loi sur le handicap du 11 février 2005.
Ainsi en France, on associe le terme de handicap mental aux handicaps résultant d’une déficience intellectuelle. Souvent détectées précocement, les déficiences mentales limitent les activités de la personne en perturbant les fonctions cognitives (mémorisation, accès au langage…).
Le handicap psychique est, quant à lui, associé à des « troubles psychiatriques », donnant lieu à des atteintes comportementales et menant à une marginalisation de la personne. Les handicaps psychique et mental peuvent parfois être cumulés.
Cette distinction est une spécificité française : la distinction entre fonction psychique et fonction mentale n’existe pas dans la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé de l’OMS (CIF).
Cette notion « repose sur une construction pratique plus que scientifique » (ANESM, 2014) et bien que discutable sur le plan sémantique, elle a pour avantage de désigner des formes de handicaps très méconnues et de « faire exister une population » (Charzat, 2002).
En effet, le rapport Charzat souligne qu’« il faut insister sur le fait qu’il n’est pas de frontière entre « handicap mental » et « handicap psychique » : les troubles graves des fonctions psychiques retentissent sur les capacités intellectuelles et les apprentissages » (2002).
On distingue donc couramment en France handicap mental et handicap psychique selon cinq aspects :
  • Caractère des troubles dans le temps : le handicap mental est associé à une « limitation des capacités intellectuelles qui n’évolue pas, une stabilité dans les manifestations des symptômes » (Unafam, 2015), le handicap psychique quant à lui se distingue par le caractère évolutif des troubles. « La symptomatologie est instable, imprévisible. »
  • Fonctions mentales touchées : le handicap psychique se démarque par l’absence de déficience intellectuelle alors que le handicap mental associe une déficience intellectuelle.
  • Prise en charge médicamenteuse : très modérée pour les handicap mental, souvent indispensable dans le handicap psychique.
  • Origine des troubles : handicap mental résulte le plus souvent de pathologies identifiables (traumatisme, anomalie génétique, accident cérébral) alors que le handicap psychique sont souvent de cause inconnue
  • Âge d’apparition des troubles : généralement les troubles des personnes dites handicapées psychiques apparaissent à l’adolescence ou à l’âge adulte, alors que le handicap mental se découvre à la naissance ou dans la petite enfance.

Vidéo du psycom 2018 "Le handicap psychique l'importance de l'accompagnement" 
49 mn, 7 juin 2018

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