Nous serions mûs par la quête de sens, plutôt que par celle du plaisir (Freud) ou du pouvoir (Adler)? un psychiatre de référence : Viktor Frankl.

Qui était Viktor Frankl, en anglais, 3:52

Ce psychiatre viennois, mort en 1997 est le grand oublié de la psychiatrie française. Formé par Freud, avec lequel il entretint une longue correspondance, il s'est détaché des trois écoles de Vienne – freudienne, adlérienne et jungienne – pour fonder la sienne, qu’il appellera logothérapie.

Après-guerre, la logothérapie va prendre une ampleur considérable. Frankl la pratiquera, l’enseignera dans de nombreuses universités (Harvard notamment) et à travers plus de trente livres. Mais peu en France, bien qu’enseigné à l’Université (en psychologie, mais apparemment pas en médecine).

Trouver un sens à sa vie
Là où, pour motiver nos gestes, Freud parle de désir et Adler de pouvoir, Viktor Frankl évoque le sens : « Je parle de “recherche d’un sens à la vie” par opposition au principe de plaisir sur lequel est fondée la psychanalyse freudienne, ainsi qu’à la volonté de puissance qui est au centre de la psychologie adlérienne. » (Découvrir un sens à sa vie).
En logothérapie, la recherche du sens à donner à sa vie l’emporte sur nos pulsions, fondamentales dans la psychanalyse traditionnelle. Chaque sujet doit trouver et se donner une raison d’exister, une raison unique et singulière. Elle seule comble l’exigence existentielle et spirituelle de l’âme humaine. Lorsque l’individu n’est pas capable de trouver en lui-même des motivations suffisamment profondes pour vivre, la logothérapie parle de frustration (ou de vide) existentielle.
Lutter contre le vide existentiel 
En être atteint, c’est perdre toute motivation de vivre : le vide remplace le plein de la vie. Il donne l’impression de subir une fatalité incontournable. « Le vide existentiel peut prendre plusieurs aspects, explique Frankl. La recherche d’un sens à la vie est parfois remplacée par la recherche du pouvoir, incluant sa forme la plus primitive, soit le désir de gagner toujours plus d’argent. Dans d’autres cas, c’est la recherche du plaisir qui y est substituée. C’est pourquoi la personne qui souffre de frustration existentielle essaie parfois de compenser le vide qu’elle éprouve en recherchant les plaisirs sexuels. » (Découvrir un sens à sa vie).
Aimer et rire 
Plusieurs portes de sortie sont offertes à celui qui lutte contre le vide existentiel. L’amour, en premier lieu. Il estime que c’est là le lien véritable qui nous unit aux autres. Le facteur d’amour est déterminant dans le maintien en vie d’un sujet. L’art également. Mais surtout, l’humour. S’il nous est impossible de modifier une situation qui ne dépend pas de nous, il nous reste la possibilité de modifier notre regard pour l’accepter. L’humour devient alors une formidable parade contre le désespoir.


Découvrir un sens à sa vie, de Viktor Frankl. Ce texte fondamental reprend les grandes lignes de la logothérapie et le poignant "Un psychiatre déporté témoigne" (Editions de l’Homme, 1988).

La Logothérapie, thérapie et pratique, d’Elisabeth Lukas. L’auteur, disciple de Frankl, expose la logothérapie à travers l’expérience de sa propre pratique. Un ouvrage accessible et richement illustré de nombreuses études de cas (Pierre Téqui éditeur, 2004).

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