L'hubris magistratique




Quand j'ai eu 7 ans, ma mère m'a donné un cahier
Qui disait qu'il fallait vivre comme Jésus
Je m’y suis attelée avec ferveur
Forgée jour après jour 
Devenue adulte, j’étais pétrie de ces idées 
Mais un jour, elles se sont retournées contre moi
Car ce que je ne savais pas, c'est que tout le monde ne les appliquait pas
Ce que je ne savais pas, c'est que des gens pouvaient dissimuler qu’ils ne les
appliquaient pas
Ce que je ne savais pas, c'est que personne ne croit ceux qui ne trichent pas
Que la norme, c'est de faire le contraire de ce que Jésus a dit
Que ceux qui le font sont des naïfs et des idiots qu'on accuse de tricher et de mentir
Que la vérité et l'honnêteté sont suspectes
Que l’hubris magistratique est très fière d’attraper ces gens-là, car elle croit avoir démasqué des renégats
Qu'elle se félicite de n'avoir pas cru en leur bonne foi
Fière comme un pou d’avoir déjoué tant de ruse
Fière comme Artaban de condamner ces chafouins
Fière comme un coq de stopper ces roublards
Satisfaite et paradant comme un paon
Mais sans le swag, coco 
Car ces gens-là personne ne les croit
Certains n’ont pas d’ennuis car ils ne tentent rien dans leur vie
Ils se font oublier
Et pensent que rien ne peut arriver à ceux qui vivent comme Jésus
Alors ceux qui ont été condamnés sont au banc de toute la société, des bons
comme des mauvais.

Lila Esperance. 

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