Trouver un sens à sa vie même dans une situation désespérée, où il est impossible de changer son destin (Victor E.Frankl-1905-1997)

Selon Viktor E.Frankl *, Professeur de neurologie et de psychiatrie à la faculté de médecine de Vienne (1905-1997), ancien élève de Freud et Adler, on peut découvrir le sens de sa vie de trois façons différentes :

1) A travers une oeuvre ou une bonne action (le sens de l'accomplissement)
2) En faisant l'expérience de quelque chose ou de quelqu'un (le sens de l'amour)
3) Par son attitude envers une souffrance inévitable (le sens de la souffrance)


Qu'est-ce que le sens de la souffrance ?

La troisième façon de trouver un sens à sa vie passe par la souffrance assumée.
Il est possible de trouver un sens à l'existence, même dans une situation désespérée où il est impossible de changer son destin. L'important est de faire alors appel au potentiel le plus élevé de l'être humain, celui de transformer une tragédie personnelle en victoire, une souffrance en une réalisation. Lorsque on ne peut modifier une situation- si l'on est face à une mort inévitable-on n'a d'autre choix que de se transformer.

Exemple raconté par l'auteur dans son  ouvrage "Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie -les témoignages et leçons de vie d'un grand homme"-1959-1988-1993-2006 (Titre original : MAN'S SEARCH FOR MEANING) - Collection J'ai Lu

[page 135-136] "Un médecin d'un certain age est venu me consulter parce qu'il souffrait d'une grave dépression depuis deux ans. Il ne pouvait se remettre de la mort de sa femme, qu'il avait aimée plus que tout au monde. Que pouvais-je pour lui ? Que lui dire? J'ai décidé de lui poser la question suivante : - Et si vous étiez mort le premier et que votre femme ait eu à surmonter le chagrin provoqué par votre décès ?
- Oh ! pour elle, cela aurait affreux ; comme elle aurait souffert !
- Eh bien, docteur , cette souffrance lui a été épargnée, et ce, grâce à vous. Certes, vous en payez le prix puisque c'est vous qui la pleurez.
Il n'a rien dit, mais il m'a serré la main et a quitté mon bureau calmement."

Selon Viktor E. Frankl (sic) :

- La souffrance cesse de faire mal au moment où elle prend un sens. Elle devient alors un acte sacré, un sacrifice.
- On peut changer son attitude face à son destin en donnant un sens à sa souffrance.
- L'être humain ne cherche pas avant tout le plaisir, ni la souffrance, mais plutôt une raison de vivre.
- Voilà pourquoi, l'homme serait prêt à souffrir s'il le faut, mais à la condition bien sur que sa souffrance ait un sens.
- La souffrance n'est pas nécessaire pour donner un sens à la vie, mais on peut trouver ce sens même à travers la souffrance, si celle-ci est inévitable. Si elle ne l'est pas toutefois, il faudrait en éliminer la cause, qu'elle soit psychologique, biologique ou politique. Accepter de souffrir inutilement procède du masochisme plutôt que d'un quelconque héroïsme.
- La possibilité de faire notre travail ou de jouir de la vie nous est parfois retirée momentanément. La souffrance prend parfois un caractère inéluctable. Si l'on accepte cette occasion de souffrir avec courage, la vie conserve son sens jusqu'au dernier moment.

Il cite Edith Weisskopf-Joelson, professeur de psychologie :
" Notre philosophie sur la santé mentale insiste sur la nécessité d'être heureux et considère la tristesse comme un signe d’inadaptation. Ce système de valeurs ajoute peut-être au poids d'une tristesse inévitable, celui de la tristesse d'être triste."


* Sur le plan international, psychiatre renommé, Viktor E.Frankl a enduré des années d'horreur indicible dans les camps de la mort nazis. Pendant et en partie à cause de sa souffrance, le Dr Frankl a développé une approche révolutionnaire de la psychothérapie appelée logothérapie. Au cœur de sa théorie est la croyance que de la force de motivation primaire de l'homme est sa quête de sens.





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